E.g., 12/20/2014
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Migrations Transsahariennes vers l'Afrique du Nord et l'UE: Origines Historiques et Tendances Actuelles

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Migrations Transsahariennes vers l'Afrique du Nord et l'UE: Origines Historiques et Tendances Actuelles

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L'Europe du Sud connaît bien la migration irrégulière à partir des pays de l'Afrique du Nord comme le Maroc, l'Algérie et la Tunisie. Depuis le début des années 1990, de milliers de nord-africains ont tenté de traverser la Méditerranée afin d'atteindre l'Espagne et l'Italie.

Cependant, comme les crises migratoires dans les enclaves espagnoles au Maroc en 2005 et dans les Iles Canaries espagnoles en 2006 ont démontré, les africains du sub-Sahara ont une tendance croissante à migrer vers les pays de l'Afrique du Nord. Tandis que certains utilisent la région comme un point de transit vers l'Europe, bien d'autres restent en Afrique du Nord.

Ces migrants viennent d'une gamme de pays de plus en plus diverse, comme le Sénégal, la Gambie, la Sierra Leone, le Libéria, le Mali, la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Nigeria ainsi que la République Démocratique du Congo, le Cameroun, le Soudan, la Corne de l'Afrique et même d'Asie.

Selon les différentes estimations, entre 65.000 et 120.000 subsahariens entreraient le Maghreb (la Mauritanie, le Maroc, la Tunisie, l'Algérie et la Libye) chaque année, dont on croit que 70 à 80 pourcent migrent vers la Libye et 20 à 30 pourcent migrent vers l'Algérie et ensuite le Maroc. Plusieurs dizaines de milliers (et non pas des centaines de milliers, comme les reportages dans les médias semblent le suggérer) de subsahariens tentent de traverser la Méditerranée annuellement.

Bien qu'ils soient communément dépeints comme «misérables» ou «désespérés», ces migrants sont en réalité souvent relativement bien éduqués et issus des couches socio-économiques assez moyennes. Ils migrent à cause d'un manque général d'opportunités, d'une crainte de persécution ou de violence, ou une combinaison des deux.

Quoique les médias se concentrent sur les «boat-people», beaucoup d'entre eux utilisent d'autres méthodes — en utilisant des visas touristiques et des documents falsifiés, en se cachant dans des véhicules sur des bateaux, et en gravissant ou en nageant autour des clôtures qui entourent les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc.

Ceux qui considèrent l'Afrique du Nord comme leur destination primaire ou ceux qui échouent à entrer en Europe se joignent des communautés d'immigrés de plus en plus nombreuses. Selon diverses estimations, au moins 100.000 migrants subsahariens vivraient actuellement en Mauritanie ainsi qu'en Algérie, 1 à 1,5 million vivraient en Libye, et entre 2.2 et 4 millions, principalement des soudanais, vivraient en Egypte. La Tunisie et le Maroc abritent des communautés d'immigrants subsahariens moins nombreuses mais croissantes.

Quoiqu'elle ait des racines historiques plus profondes, cette migration transsaharienne a connu un accroissement substantiel dans les années 1990 en conséquence des politiques migratoires «panafricaines» menées par la Libye en combinaison avec des guerres civiles et le déclin économique dans l'Afrique de l'Ouest, la Corne de l'Afrique (la Somalie, l'Ethiopie et l'Erythrée) ainsi que la République Démocratique du Congo.

Après 2000, la répression accrue vis-à-vis des migrants en Libye a incité un nombre croissant de migrants subsahariens à aller vers d'autres pays maghrébins ou vers l'Europe. Les subsahariens ont maintenant dépassé les nord-africains comme la première catégorie de migrants irréguliers interceptée par les gardes-frontières européens.

Les migrants voyagent par voies de terre et de mer pour arriver à leurs destinations. Cliquez ici pour voir une version plus grande de cette carte.

Bien qu'elle ne soit pas « massive » selon les critères absolus, cette tendance migratoire a compliqué les politiques migratoires dans les pays nord-africains, qui refusent de se considérer comme des destinations, ainsi que celles de l'Union Européenne (UE), dont la collaboration avec des pays nord-africains était basée sur l'assomption que le Maroc, la Tunisie et l'Algérie étaient les pays d'émetteurs d'émigrés principaux.

L'ampleur croissant de l'immigration subsaharienne a énormément augmenté le nombre des pays impliqués, a compliqué les expulsions et a fait accroître des tensions au sein de l'Union Européenne (UE) au sujet de la régularisation et des questions humanitaires.

Racines historiques de la mobilité transsaharienne

Tout le long de l'histoire connue, il y avait des mobilités intensives entre les deux côtés du Sahara à travers le commerce transsaharien (caravanier), la conquête, le pèlerinage, et l'éducation religieuse. Le Sahara lui-même est une gigantesque zone de transit, et la composition ethnique diverse des oasis témoigne de cette longue histoire de mobilité des populations.

Ce n'était qu'avec l'arrivée du colonialisme, qui traçait des frontières où elles n'existaient pas et qui créait les États-nations modernes, que ces mobilités et ce commerce transsahariens se sont effondrés. Cependant, bientôt après indépendance, on assistait à la création des fondements du système de migration transsaharienne contemporaine.

Dans les années 1970 et 1980, la sédentarisation forcée et volontaire des nomades, des guerres dans la zone du Sahel, ainsi que des sécheresses provoquaient deux types de mobilités. Premièrement, des (ex) nomades et des commerçants appauvris, comme les Touareg, commençaient à migrer afin de travailler dans des chantiers de construction et les gisements de pétrole dans le sud algérien et le sud libyen. Deuxièmement, avec les guerres répétées dans la zone entière du Sahel, des milliers des réfugiées s'installaient dans des villes en Libye, en Algérie, en Mauritanie et en Egypte.

Cette immigration était souvent tacitement accueillie. En Algérie et en Mauritanie, par exemple, les migrants subsahariens comblaient des manques de main d'œuvre sectoriels et cette immigration s'ajustait également bien à des politiques qui visaient à revitaliser des parties sous-peuplées de ces pays.

Après la crise pétrolière de 1973, la Libye, et, dans une certaine limite, l'Algérie, témoignaient d'une immigration croissante d'ouvriers en provenance de leur voisins méridionaux vers leurs arrière-pays torrides, où les gisements de pétrole sont localisés mais où des nationaux refusent souvent de travailler. La Libye se développait rapidement en pôle migratoire principal de l'Afrique du Nord. Bien que la majorité des immigrants soit egyptienne, la Libye autorisait également beaucoup de soudanais à entrer.

Cette migration antérieure ainsi que l'installation des (semi) nomades en Libye et en Algérie aussi préparait le terrain pour les migrations transsahariennes à plus grande échelle après 1990, car beaucoup d'ex-nomades trouvaient des nouveaux moyens d'existence en faisant de la contrebande des marchandises et des personnes par le Sahara.

Les politiques panafricaines libyennes

L'embargo sur les armes et sur les mouvements aériens imposé à la Libye par le Conseil de Sécurité des Nations Unies entre 1992 et 2000 a joué un rôle involontaire mais décisif dans l'accroissement sans précédent dans les migrations transsahariennes ainsi que la consolidation des routes et réseaux migratoires. Déçu par un manque de soutien perçu de la part des pays-amis arabes pendant l'embargo, le leader libyen Muammar al-Qadhafi entamait une réorientation radicale de la politique étrangère libyenne, dans laquelle il se positionnait comme un leader Africain.

Comme partie intégrale de cette nouvelle politique panafricaine, al-Qadhafi commençait à encourager des populations subsahariennes à venir travailler en Libye dans l'esprit de la solidarité panafricaine. Une destination traditionnelle pour des migrants des pays « arabes » de l'Afrique du Nord, la Libye ainsi devenait une destination majeure pour des migrants provenant d'une gamme des pays de plus en plus diverse dans l'Afrique de l'Ouest et dans la Corne d'Afrique.

Cette croissance dans l'immigration subsaharienne était aussi partie d'une tendance plus générale vers une restructuration et une segmentation progressive du marché du travail Libyen. Depuis le début des années 1980, le déclin économique provoqué par la chute du prix de pétrole ainsi que l'embargo ont mené à des appels pour « indigèniser » la force ouvrière libyenne. Mais, en général, les libyens refusaient d'accepter du travail peu attractif.

Alors que, dans ce contexte, les pays du Golfe se sont de plus en plus appuyés sur des migrants asiatiques pour le travail de main d'oeuvre, la Libye s'est appuyée de plus en plus sur les migrants subsahariens pour le travail lourd et de main d'oeuvre dans des secteurs comme la construction et l'agriculture.

Guerres et déclin économique en Afrique subsaharienne

Outre la politique panafricaine de la Libye, l'instabilité accrue, des guerres (civiles), et le déclin économique dans plusieurs régions de l'Afrique de l'Ouest et du Centre ont aussi contribué à la croissance de la migration transsaharienne depuis le milieu des années 1990.

La migration des réfugiés a pris de l'essor après la chute du président Mobutu dans la République Démocratique du Congo en 1997 et les guerres dans la région des Grands Lacs. Ceci était supplémenté par des migrations provoquées par des guerres civiles en Sierra Léone (1991-2001) et au Liberia (1989–1996 et 1999–2003) ainsi que par la violence systématique au Nigéria. Des guerres répétées au Soudan et dans la Corne d'Afrique ont stimulé des migrations vers l'Egypte et la Libye.

En plus, le début de la guerre civile en 1999 et le déclin économique associé en Côte d'Ivoire (jusque là la destination principale des migrants de main d'œuvre en Afrique de l'Ouest), combiné avec un manque de destinations migratoires alternatives dans la région, ont incité un nombre croissant de ouest-africains à migrer vers l'Afrique du Nord.

Les réactions hostiles aux immigrants en Libye

Initialement, la plupart des migrants de travail allaient en Libye à la recherche du travail. Cependant, le pays a connu une forte réaction hostile aux immigrants après des confrontations violentes entre des libyens et des ouvriers africains en 2000 ont provoqué la mort des dizaines d'immigrés subsahariens.

Par conséquent, les autorités libyennes, en essayant de répondre au fort ressentiment populaire contre les immigrés, ont institué un nombre de mesures répressives. Celles-ci incluent des régulations plus restrictives envers l'immigration, la détention prolongée et arbitraire des immigrés dans des conditions misérables dans des prisons et des camps, les abus physiques, et l'expulsion forcée de dizaines de milliers d'immigrés. Entre 2003 et 2005, le gouvernement libyen a déporté approximativement 145.000 migrants irréguliers, en majorité vers des pays subsahariens.

Outre un accroissement de la migration irrégulière vers la Libye, ces politiques restrictives et la répression grandissante ont mené à un déplacement partiel des routes migratoires transsahariennes vers l'ouest en passant par l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. De là-bas, un nombre croissant d'entre eux ont accompagné les Maghrébins dans leurs tentatives de traverser la Méditerranée. De plus, les migrants subsahariens en Libye ont de plus en plus essayé d'atteindre l'Europe depuis la côte libyenne.

Itinéraires et méthodes migratoires

Le voyage transsaharien est généralement fait en plusieurs étapes, et peut prendre entre un mois et plusieurs années. En route, les migrants s'installent souvent temporairement dans des carrefours migratoires pour travailler et épargner suffisamment d'argent pour la prochaine étape, qui se fait généralement dans des camions ou des pick-ups.

A part une minorité qui voyage par avion, et en dépit de l'existence d'itinéraires multiples, la majorité des migrants entrent dans le Maghreb par voie terrestre à partir d'Agadez au Niger. La ville d'Agadez est localisée sur un carrefour historique de voies commerciales qui s'étendent maintenant profondément en Afrique de l'Ouest et en Afrique Centrale. A partir d'Agadez, les routes migratoires bifurquent vers l'oasis de Sebha en Libye et vers Tamanrasset au sud de l'Algérie.

Du sud de la Libye, les migrants vont à Tripoli et d'autres villes côtières ou bien vers la Tunisie. A partir de la côte, les migrants voyagent par bateau vers Malte, ou vers les îles italiennes de Lampedusa, Pantalleria ou la Sicile. De Tamanrasset en Algérie, les migrants voyagent vers les villes au nord (comme Alger) ou entrent dans le Maroc via la frontière proche d'Oujda. En réaction aux patrouilles de frontières intensifiées dans le Détroit de Gibraltar, des migrants au Maroc se sont de plus en plus déplacés vers le sud dans la direction du Sahara Occidental en vue de traverser vers les Iles Canaries, territoire espagnol dans l'Océan Atlantique.

La politique panafricaine de la Libye a également joué un rôle clé en créant un lien entre les systèmes de migration est-africaines et le système de migration euro-méditerranéen. A part le nombre croissant d'égyptiens qui tentent de traverser la Méditerranée vers l'Italie a partir de la Libye, des migrants ouvriers et des réfugiés originaires du Soudan, de la Somalie, de l'Erythrée et de l'Ethiopie — qui ont souvent tendance de s'installer au Caire – ont migré de plus en plus vers la Libye à travers du Soudan, le Tchad ou l'Egypte.

Même des migrants en provenance de la Chine, de l'Inde, du Pakistan et du Bangladesh ont récemment migré vers le Maroc en utilisant des itinéraires sahariens. En général, ils prennent l'avion vers des capitales ouest-africaines comme Accra ou Bamako, parfois via les pays du Golfe, pour ensuite suivre les itinéraires sahariens communs via le Niger et l'Algérie vers le Maroc et l'Europe.

Sur la limite occidentale du continent, un nombre croissant de migrants ouest-africains évitent les routes centrales du Sahara en naviguant à partir des côtes de la Mauritanie, du Cap Vert, du Sénégal et d'autres côtes ouest-africaines vers les Iles Canaries ; ils voyagent aussi par voie terrestre de la Mauritanie vers le Sahara Occidental et le Maroc.

Quoique les médias nationaux et internationaux ainsi que des politiciens ont tendance à représenter ces migrants comme des victimes des « trafiquants sans scrupules » ou des réseaux ou des mafias de contrebande « impitoyables », l'écrasante majorité des subsahariens migrent sur leur propre initiative. En général, ils paient pour une étape difficile du voyage, comme un passage de frontière, à la fois.

Les contrebandiers des personnes ne sont pas souvent partie de la criminalité internationale organisée mais ont plutôt tendance à former des réseaux relativement à petite échelle, constitués par des (ex) nomades et des (ex) migrants. En général, ils coopèrent avec des policiers et des douaniers locaux corrompus ainsi que des intermédiaires qui leur font la liaison avec des employeurs en Europe.

Dans le processus de traverser le Sahara vers l'Afrique du Nord, les migrants dépensent au moins des centaines de dollars pour payer les pots-de-vin, les trafiquants, la transportation et les besoins journaliers. En 2003, le chercheur marocain Mehdi Lahlou estimait que le coût de la traversée du Maroc vers l'Espagne était autour de $200 pour les mineurs et de $500 à $800 pour des marocains, et jusqu'à $800 et $1.200 respectivement pour des migrants subsahariens francophones et anglophones. Les prix pour la traversée Libye-Italie semblent être approximativement similaires.

Transit ou installation ?

Une fois en Europe, beaucoup de migrants irréguliers réussissent à rester et à s'installer. Seulement une minorité de ceux qui sont appréhendés par les gardes-frontières espagnols, italiens et maltais sont expulsés. Les pays subsahariens refusent souvent de collaborer avec la réadmission de grands nombres de migrants irréguliers. En plus, des migrants  détruisent souvent leurs papiers afin d'éviter leur expulsion, tandis que des demandeurs d'asile, des mineurs et des femmes enceintes ont souvent le droit à la résidence (au moins temporaire) pour des raisons humanitaires.

Par conséquent, beaucoup de migrants appréhendés sont finalement libérés à l'expiration de la période de détention maximale avec ordre d'expulsion. Cet ordre est généralement négligé, du moment où les migrants voyagent vers d'autres pays de la UE ou bien se dissimulent dans l'économie informelle de l'Espagne ou de l'Italie, où ils trouvent du travail dans l'agriculture, la construction et le secteur de services. Un nombre considérable a obtenu des papiers de résidence par le mariage ou des régularisations récentes en Italie et en Espagne.

Néanmoins, le terme courant « migrants de transit » pour désigner ce groupe est souvent trompeur, non seulement car beaucoup de migrants et de réfugiés considèrent l'Afrique du Nord (et en particulier la Libye) comme leur destination primaire, mais aussi parce qu'une proportion considérable de migrants qui échouent ou qui n'ont pas le courage de traverser vers l'Europe préfère rester en Afrique du Nord comme option de deuxième choix, plutôt que de retourner vers leur pays d'origine plus instable, plus dangereux et considérablement plus pauvre.

Aujourd'hui, la plupart des grandes villes nord-africaines, comme Nouakchott, Rabat, Oran, Alger, Tunis, Tripoli, Benghazi et le Caire, abritent des communautés considérables de migrants subsahariens. Quoiqu'ils soient généralement dépourvus de statut légal et quoiqu'ils soient vulnérables à l'exploitation, les migrants subsahariens trouvent du travail dans des niches spécifiques du secteur de service informel (comme le travail ménager et domestique), le petit commerce, la construction, l'agriculture et la pêche. D'autres essaient de poursuivre des études, parfois également comme moyen d'obtenir le statut de résidence.

Certains migrants finissent par s'installer dans des carrefours migratoires « en route ». En fait, la croissance de la migration transsaharienne a contribué à l'essor commercial et à la revitalisation des anciennes routes du commerce caravanier transsaharien et des villes d'oasis situées sur ces routes traversant le désert au Mali (Gao), au Niger (Agadez), au Tchad (Abéché), en Libye (Sebha et Kufra), en Algérie (Tamanrasset) et en Mauritanie (Nouadhibou).

Réponses politiques

Les États sud-européens ont principalement répondu à la persistante immigration irrégulière par l'intensification des contrôles de frontières. Durant la décennie passée, l'Espagne a tenté de fermer ses frontières. Outre la construction des clôtures qui séparent Ceuta et Melilla du Maroc, le gouvernement a installé un système de radar d'alerte rapide (SIVE or Système Intégral de Vigilance Externe) au Détroit de Gibraltar. Récemment, ce système a été également déployé aux Iles Canaries.

En réaction à l'immigration subsaharienne croissante, plusieurs États-membres de l'UE ont tenté d'« externaliser » les contrôles de frontières. En général, ils le font en augmentant la pression sur les pays nord-africaines à « lutter » contre la migration irrégulière et de signer des accords de réadmission en échange d'aide au développement, de support financier pour augmenter des contrôles de frontières, d'équipement militaire et parfois de quotas d'immigration pour un nombre limité des ouvriers des pays d'origine. En face des changements récents des tendances migratoires, l'Italie et l'Espagne en particulier ont également signé des accords similaires avec des pays subsahariens.

Depuis 2003, l'Espagne et le Maroc, ainsi que l'Italie et la Libye, ont entamé leur collaboration dans les patrouilles de frontières. En 2006, l'Espagne a reçu un appui limité de Frontex, le nouveau bureau de l'UE pour les contrôles des frontières extérieures, pour patrouiller les routes entre le Sénégal, la Mauritanie, le Cap Vert et les Iles Canaries en utilisant des avions, des hélicoptères et des bateaux de patrouille. Frontex vise également à coordonner des patrouilles maritimes en impliquant l'Italie, la Grèce et la Malte pour contrôler les zones entre la Malte, l'île italienne de Lampedusa, et les côtes tunisiennes et libyennes.

En 2003 et 2004, le Maroc et la Tunisie ont passé des nouveaux lois qui instituent des peines sévères contre l'immigration irregulière et la contrebande des personnes. Selon certains commentateurs, ces nouvelles lois montrent que le Maroc et la Tunisie cèdent à la pression de l'UE pour jouer le rôle du « gendarme » de l'Europe. Quoique les nouvelles lois fassent référence à des conventions internationales pertinentes, les droits des migrants et des réfugiées sont souvent ignorés en pratique.

Comme partie de ses efforts en vue d'améliorer le statut de la Libye dans la communauté internationale, al-Qadhafi a collaboré plus étroitement avec l'Organisation Internationale pour la Migration (OIM) et l'UE qu'aucun autre pays nord-africain en ce qui concerne les contrôles de frontières et l'établissement de camps de détention pour les migrants irréguliers. Ces manœuvres sont aussi une réponse au fort ressentiment anti-immigrant à l'intérieur de la Libye.

En 2004, le premier ministre italien Silvio Berlusconi et al-Qadhafi ont conclu un pacte en vue d'arrêter la migration irrégulière vers l'Italie, dans lequel la Libye aurait agréé de déporter des migrants subsahariens non autorisés à travers le territoire libyen vers leur pays d'origine et de fermer les frontières méridionales.

Deux mois après l'accord libyen-italien, l'UE agréait de lever son embargo de dix-huit ans sur les armes car la Libye a abandonné son programme d'armes de destruction massive. L'Italie avait exercé une pression forte pour lever l'embargo pour que la Libye puisse importer l'équipement requis pour contrôler ses frontières.

Entre août 2003 et décembre 2004 seulement, le gouvernement italien a financièrement contribué à 50 vols charter vers la Libye qui renvoyaient 5.688 personnes vers leurs pays d'origine supposés, y compris le Bangladesh, l'Egypte, l'Erythrée, le Ghana, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Pakistan, le Soudan et la Syrie.

Droits de l'homme

La pression par les États de l'UE et la xénophobie intérieure croissante ont poussé les autorités des pays nord-africains à augmenter les mesures de police intérieures. Cela a engendré des violations des droits de l'homme des immigrés, y compris des demandeurs d'asile, qui vivent souvent sous le risque d'être arrêtés, incarcérés et déportés ou la confiscation de leurs biens. Malgré des déportations régulières, les migrants tentent de retraverser les frontières.

Car ils sont généralement dépourvus de statut légal, les migrants subsahariens en Afrique du Nord sont vulnérables à des formes d'exploitation sévère. La plupart vivent dans des circonstances dégradantes dans des maisons surpeuplées ou, parfois, dans des camps improvisés. On leur refuse généralement accès à l'assistance légale et à l'éducation publique. Ceux qui travaillent dans les secteurs informels en Espagne ou en Italie sont également sujets à l'exploitation et à l'abus de la part de leurs employeurs.

Particulièrement en Libye, la xénophobie est exprimée dans des accusations générales de criminalité, des attaques verbales et physiques, de l'escroquerie, de la détention arbitraire, et probablement de torture.

Quand des centaines d'africains tentaient d'entrer à Ceuta et Melilla en octobre 2005, au moins 13 migrants subsahariens sont morts. Plusieurs d'entre eux auraient été tués par des gardes-frontières. Après ces événements, les autorités marocains procédaient à des rafles et des arrestations dans des villes et des camps provisoires spontanément créés dans les forêts autour de Ceuta et Melilla. Un groupe d'environ 1.500 migrants était déporté et ensuite abandonné dans le désert marocain.

En 2005, environ 20 personnes auraient été tuées quand des forces de police attaquaient des réfugiés et des migrants soudanais pendant une manifestation dans un camp provisoire au Caire.

En représentant des réfugiés comme des « migrants économiques », les pays européens et nord-africains négligent souvent qu'une proportion significative des migrants subsahariens ont fui la persécution ou des circonstances menaçant leur vie. La distinction entre des « réfugiés » et des « migrants économiques » est souvent floue. En plus, certains migrants qui commençaient leur voyage pour des motifs essentiellement économiques peuvent devenir des migrants forcés « en route » à la suite de mauvais traitement par la police et de l'emprisonnement arbitraire.

Jusqu'à récemment, le Haut Commissariat des Nations Unis pour les Réfugiés (HCR) n'était pas très actif dans les États maghrébins et beaucoup de réfugiés croyaient que la protection n'était pas disponible dans cette région. Le HCR a récemment étendu ses activités dans le Maghreb, mais les autorités étatiques refusent souvent de coopérer, continuent à déporter des demandeurs d'asile, et généralement refusent d'accorder des permis de séjour même aux réfugiés reconnus par le HCR.

Amnesty International et Human Rights Watch, parmi d'autres organisations, ont argumenté qu'en déportant rapidement des migrants, y compris des demandeurs d'asile africains vers le Maroc et la Libye où leur protection n'est pas garantie, l'Espagne et l'Italie risquent de sérieusement compromettre le principe de non-refoulement. L'Italie en particulier a déporté des migrants sans examen approprié de leurs éventuels droits à asile, aux soins médicaux ou aux autres formes d'assistance et de protection.

Le gouvernement libyen, qui n'a pas signé la Convention de Genève de 1951, mais qui a ratifié la Convention Africaine relative aux Réfugiés, a arbitrairement déporté des migrants expulsés de l'Italie vers leur pays d'origine supposés, y compris le Soudan et l'Erythrée, sans prendre en considération la question s'ils risquaient la torture ou la persécution.

Les effets des politiques sur les tendances migratoires

Plutôt que freiner l'immigration, la surveillance intensifiée dans le Détroit de Gibraltar et ailleurs a causé une diversification générale des points de passage maritimes depuis 1999.

Les migrants ont de plus en plus traversé la Méditerranée d'endroits plus orientaux de la côte marocaine vers l'Espagne ; de la côte tunisienne vers les îles italiennes ; de la Libye vers l'Italie et Malte ; du Sahara occidental vers les Iles Canaries ; de l'Algérie vers l'Espagne ; et plus récemment de la Mauritanie, du Sénégal, et d'autres pays ouest-africains vers les Iles Canaries.

En outre, en 2006 il y avait une croissance remarquable dans les tentatives d'atteindre l'Europe. Entre janvier et septembre 2006, quelques 24.000 migrants arrivaient sur les Iles Canaries, comparé à 4.772 en 2005 et 9.900 en 2002. Pendant les sept premiers mois de 2006, 10.400 migrants ont été appréhendés sur l'île italienne de Lampedusa au sud de Sicile, comparé à 6.900 durant la même période en 2005.
 
Cependant, ces traversées maritimes ne représentent qu'une fraction de l'immigration vers l'UE — qui s'élève à 2.6 million personnes en 2004 parmi les UE-15 (excepté la Grèce), selon l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE). La majorité des migrants irréguliers en Europe ont migré légalement et sont devenus « clandestins » après l'expiration de leurs visas ou permis de séjour.

Les politiques qui visaient à stopper l'immigration ont eu plusieurs effets involontaires et contre-productifs. Premièrement, la répression accrue en Afrique du Nord a mené plusieurs migrants qui avaient l'intention initiale d'y rester à reconsidérer leurs plans et à migrer vers l'Europe.

Deuxièmement, l'usage des routes maritimes plus diverses et plus longues ont énormément élargi la surface d'eau que les pays de l'UE croient qu'ils doivent surveiller afin de « lutter » contre la migration irrégulière. Troisièment, les méthodes de contrebande des personnes sont devenues de plus en plus professionnalisées, comme l'usage par les contrebandiers de bateaux plus adaptés, plus larges et plus rapides et des Zodiac au lieu des canots de pêches et pateras vulnérables.

Cependant, la capacité d'empêcher les migrants de traverser la Méditerranée et l'Océan Atlantique est aussi limitée. Les bateaux ne peuvent pas être arrêtés dans des eaux internationales, et des gardes-côtes ont le devoir de sauver les migrants sous risque de se noyer. Certains analystes estiment que l'intensification des patrouilles maritimes a même augmenté les chances de survivre la traversée, ce qui aurait encouragé des migrants à venir, en particulier les subsahariens qui savent qu'il sera difficile de les expulser.

Quoique plusieurs pays de l'UE aient signé des accords de réadmission avec un nombre croissant des pays africains, les expulsions forcées sont difficiles à mettre à l'exécution en pratique. Elles sont aussi coûteuses et ont un effet de dissuasion limité car les migrants expulsés tendent à immigrer de nouveau.

Chaque année, un nombre significatif de migrants trouvent la mort ou sont blessés sérieusement lorsque ils tentent d'entrer dans l'UE. APDHA, une organisation de droit de l'homme andalusienne, avance qu'en 2005 au moins 368 personnes ont décédé lors de leurs tentatives d'atteindre l'Espagne, quoique le nombre actuel pourrait être deux ou trois fois plus élevé car beaucoup de corps ne sont jamais retrouvés.

Contrairement à la perception générale, une analyse récente par le chercheur norvégien Jørgen Carling suggérait que le vrai risque de mort pendant la traversée maritime vers l'Espagne est resté stable à un niveau d'environ un pourcent pendant les années dernières, ou aurait même légèrement diminué. Ainsi, il semble que l'accroissement des morts doit être largement attribué à l'accroissement du nombre de personnes qui tentent la traversée, plutôt qu'aux contrôles de frontières accrus.

Les risques impliqués dans la traversée du Sahara sont généralement estimés plus élevés que la traversée de la Méditerranée ou de l'Océan Atlantique. A la suite des restrictions accrues en Afrique du Nord, les policiers et les douaniers tendent à revendiquer des pots-de-vin plus élevés, tandis que les migrants ont exploré des routes secondaires et souvent plus dangereuses à travers le désert.

Doubles agendas et intérêts opposés

L'immigration subsaharienne croissante a créé des tensions considérables entre les états de l'UE, de l'Afrique du Nord et de l'Afrique subsaharienne. Quoique les États nord-africains aient partiellement cédé à la pression européenne, la politique d'externalisation semble d'avoir atteint ses limites.

L'avidité avec laquelle les États nord-africains ont emprunté les discours européens dominants sur « la lutte contre l'immigration illégale » est aussi une réponse symbolique à la xénophobie interne croissante et au refus obstiné par les États nord-africains d'accepter l'idée d'être des pays de destination. Jusqu'à présent, les États de l'UE ne se sont pas rendu suffisamment compte que les états nord-africains ont des objections à plusieurs éléments des politiques d'externalisation à cause de la conviction que ces politiques renforcent leur position comme des destinations.
 
A l'exception de la Libye, les États nord-africains ont généralement refusé de réadmettre des nombres élevés des migrants irréguliers des pays tiers (subsahariens) d'une façon régulière. Les propositions de certains États membres de l'UE d'établir des centres de sélection « offshore » pour des migrants et des demandeurs d'asile, ou d'envoyer des navires de guerre pour patrouiller la côte africaine, sont aussi généralement opposées car ils sont vus comme une menace à la souveraineté nationale. Les États nord-africains craignent aussi que de telles mesures encouragent plus d'immigration et d'installation sur leur territoire.

Les États africains se conforment à la « lutte contre l'immigration illégale » de l'UE à différents degrés, premièrement comme une « fiche » pour négocier l'aide au développement et d'autres formes de soutien ou, dans le cas de la Libye, la réparation de leur réputation internationale. Ça n'enlève pas les doutes sérieux sur la crédibilité et l'efficacité de ces efforts à freiner l'immigration irrégulière.

A l'exception de la Libye, il demeure un certain refus de jouer le rôle du gendarme de l'Europe et de procéder à des expulsions massives des migrants subsahariens. Des rafles et des expulsions collectives récentes ont embarrassé le Maroc sur le plan international. Ces événements, qui sont en disharmonie avec les efforts de l'État marocain à améliorer sa réputation sur les droits de l'homme, sont aussi de plus en plus défiés par des protestations prononcées de la société civile marocaine.

En plus, les pays de l'UE n'arrivent pas à saisir les intérêts stratégiques de nature géopolitique et économique que les États nord-africains rivalisant attribuent au maintien des bonnes relations avec des États subsahariens. Il est probable que ces relations vont être détériorées par des expulsions massives, le mauvais traitement des migrants, ou une introduction de visas pour des subsahariens sous la pression de l'Europe.

Egalement, la pression européenne sur des pays ouest-africains comme le Sénégal, la Gambie et la Guineé-Conakry en vue d'arrêter la migration irrégulière sont en quelque sorte en disharmonie avec la liberté de mouvement garantie dans le protocole datant de 1971 sur le mouvement libre des personnes, le droit de résidence et le droit d'établissement de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Les citoyens des États membres (le Bénin, le Burkina Faso, le Cape Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo) ont le droit nominal de s'installer, de travailler et de faire des affaires dans d'autres pays de la CEDEAO.

Des gouvernements de l'Afrique du Nord et subsaharienne argumentent que l'UE a tendance de traiter la migration unilatéralement comme un problème de sécurité ainsi qu'il est impossible d'arrêter la migration tant que ses causes profondes économiques et politiques persistent. Au même moment, les États africains considèrent que l'aide donnée en échange des contrôles de migrations intensifiés est trop limitée pour avoir un impact significatif, en particulier lorsqu'ils trouvent que les politiques économiques protectrices nuisent au développement de l'Afrique.

Ce qui demeure largement inexprimé est le fait que les pays de l'Afrique du Nord ainsi que de la zone subsaharienne ont très peu d'intérêt véritable à freiner l'émigration. Une continuation de l'émigration sert des intérêts politiques et économiques vitaux en diminuant la pression sur les marchés de travail internes et en générant des remises de fonds considérables.

Considérant l'impuissance pratique d'arrêter les migrants à traverser les longues frontières terrestres et maritimes ainsi que la difficulté de réconcilier tous les intérêts opposés, il existe un sentiment d'impasse évident sur le phénomène.

Les récents sommets africain-européens sur la migration, comme le sommet de Rabat en juillet 2006, n'ont abouti à aucune idée imaginative au delà des accords conventionnels qui visent à intensifier la coopération africaine dans les contrôles de migration en échange pour plus d'aide.

Il y a une certaine tendance dans laquelle des pays accusent d'autres pays « en amont du flux migratoire » de tolérer l'immigration irrégulière. Par exemple, le Maroc a accusé l'Algérie d'admettre tacitement aux subsahariens de migrer à travers son territoire ; l'Algérie a expressivement refusé d'assister au sommet de Rabat.

Le phénomène migratoire cause aussi des tensions considérables au sein de l'UE. Plusieurs pays de l'UE ont rejeté des propositions de retirer l'aide au développement des pays s'ils ne coopèrent pas pour arrêter la migration irrégulière.

L'Espagne, l'Italie et la Malte se sont plaintes de l'appui limité qu'ils ont reçu des pays nord-européens (moins directement affectés par l'immigration subsaharienne) pour l'intensification des patrouilles de frontières. Cependant, certains pays nord européens ont répliqué en accusant l'Espagne de régulariser environ 600.000 migrants en 2005, ce qui créerait un « appel d'air » attirant encore plus de migrants irréguliers. L'Espagne a caractérisé cette réponse comme « démagogique » en indiquant que, dans le passé, la plupart des États-membres de l'UE se sont vu obligés de régulariser leur force ouvrière installée de facto.

Ce va-et-vient illustre la disparité entre l'objectif européen de lutter contre l'immigration irrégulière et la demande persistante de travail des immigrés qualifiés ainsi que non-qualifiés. Particulièrement en Europe du Sud, les employeurs exercent une pression sur les gouvernements à admettre plus d'immigration légale.

Perspectives Futures

Plusieurs facteurs structurels expliquent pourquoi il est probable que la migration transsaharienne vers l'Europe continuera et pourquoi les pays nord-africains peuvent se développer davantage comme des pays de destination.

Premièrement, il y a des différences considérables entre le niveau de développement économique et la stabilité politique entre les pays nord-africains d'une part et la plupart des pays subsahariens d'autre part. Ainsi, les migrants qui échouent ou qui ne veulent pas passer vers l'Europe souvent préfèrent rester en Afrique du Nord comme option « de deuxième choix », plutôt que de retourner vers leur pays d'origine plus instable, plus dangereux et plus pauvre.

Deuxièmement, la migration transsaharienne est moins indésirable qu'il semble. Il est probable que la demande pour le travail bon marché des migrants non-autorisés en Europe, en Libye et d'autres pays nord-africains persistera ou même croîtra, et il est probable qu'une nouvelle génération de subsahariens mieux instruits et de plus en plus ambitieux répondra à cette demande. En plus, les activités de commerce et d'affaires liées à la migration transsaharienne ont été bénéfiques aux économies locales dans la zone saharienne et l'Afrique du Nord.

La segmentation des marchés du travail nord-africains pourra augmenter davantage l'ampleur de l'immigration. Même dans les pays maghrébins relativement plus pauvres, un nombre croissant de chômeurs bien éduqués et diplômés évite le travail non-qualifié ou semi-qualifié et, par contre, préfère migrer eux-mêmes. Ceci peut expliquer l'apparition simultanée d'une émigration persistante à partir des pays nord-africains qui sont également devenus des destinations pour des migrants subsahariens.

Troisièmement, ces tendances sur le marché du travail peuvent être renforcées par des transitions démographiques. Dans la plupart des pays nord-africains, les réductions dramatiques dans la fécondité qui se sont réalisées depuis les années 1970s réduiront le nombre de jeunes personnes qui entrent dans la force ouvrière dans les prochaines décennies. En supposant le maintien de la stabilité politique et une croissance économique au moins modeste, ce fardeau démographique déclinant peut éventuellement aboutir à un déclin de l'émigration et un accroissement de l'immigration.

Quatrièmement, l'établissement et l'enracinement des routes migratoires transsahariennes et des réseaux de migrants ainsi que des améliorations dans les techniques de communications et dans l'infrastructure de transport transsaharienne, continueront de faciliter la migration future.

Pour toutes ces raisons, il est peu probable que la migration transsaharienne peut être bridée d'une façon significative. Une politique focalisée de restriction a plutôt mené à la déviation rapide des routes migratoires ainsi qu'à une augmentation des risques, des coûts et de la souffrance des migrants impliqués.

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Version originale publié en anglais sur Migration Information Source: http://www.migrationpolicy.org/article/trans-saharan-migration-north-africa-and-eu-historical-roots-and-current-trends